lundi 14 mai 2012

« Entre le sarcasme et l'ironie, il y a la même distance qu'entre un rot et un soupir. » ▬ HUGO PRATT, Corto Maltese.

Freddie Mercury & Roger Taylor.

Nous n'étions que les déchets de la conso-generation. En ce moment même, des gosses étaient certainement en train de crever dans les pays émergents, Kate Middleton devait compter ses paires de chaussures, la fin du monde approchait, Michael Jackson ne ressusciterait sans doute plus, les vieux avaient faim en Orient, la guerre sévissait sur vingt pour cent du globe, mais nous, égoïstes européens, on en avait strictement rien à foutre. Nous baignions dans le fruit de la croissance, produit des efforts de nos pères dans des usines de seconde zone. On buvait, on bouffait, on fumait, on baisait et on se grattait les couilles en public, sans aucun respect pour les clochards qui nous observaient derrière leurs longs cheveux gras. La fatalité nous emportait et nos maigres forces d'enfants perdus n'y pouvaient rien. De toute façon, nous n'étions bons à rien. Nés dans la mauvaise décennie, dans le mauvais siècle peut-être, nous allions nous contenter de reposer sur nos acquis toute notre vie. Je ne serais pas Gandhi, ni Kurt Cobain, encore moins Georges Sand ou la Vierge Marie. Personne ne se souviendra de moi dans cent ans. Personne ne commémorera le jour de ma mort en brandissant les romans que j'aurais écrit. Mes propres arrières petits-enfants ne connaîtrons pas mon prénom. La vérité, c'est que ça fait un peu chier quand même. Mais sérieusement, qu'est-ce qu'on en a à foutre ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire