samedi 19 mai 2012
« Le style n'est rien, mais rien n'est sans le style. » ▬ RIVAROL, Notes, Pensées et Maximes.
On veux des couleurs, des imprimés, de la mode. Être hipster, être swag. On veut bouffer du style en barre, s'en mettre par dessus la tête. On tourne de l'oeil en lisant Vogue, on se bat en centre-ville. Overdose sur les trottoirs. L'originalité est notre alliée. Pourtant on se soumet à l'avis de la masse. La consommation fait notre bonheur. On virevolte, on se sent bien. Tout ça grâce à un concept. A qui la faute ? On en sait rien, après tout, nous le valons bien. Une heure vingt d'attente en caisse, le sourire aux lèvres, le coeur sur la main. La carte bleue qui explose, les regards qui s'attardent sur nos fanfreluches. Sans doute inutiles mais peu importe, on a du nouveau, de la légèreté. Noir sur tes yeux, rouge sur tes lèvres. Je crois que tu es la plus belle. Les clichés d'inspiration m'envahissent, je ne sais même plus qu'en faire. Le style, on le veut tous, pourtant difficile de l'atteindre. On en vient même à dénigrer le physique d'autrui. On est des garces, on y peut rien. Paraît que ça s'acquiert pas, que c'est inné, alors pourquoi tente-t-on de l'attraper malgré tout ? On ne mange plus pour s'habiller. On bave devant les vitrines. On court de cabine en cabine. C'est peut-être puéril, mais il en faut peut pour être heureux. Mon attachement aux fringues peut bien sembler navrant, mais il me satisfait, qu'avez-vous donc à y redire ? J'aime tout ça autant que toi, j'aime tout ça bien trop déjà.
lundi 14 mai 2012
« Lubies et fantasmes se faufilent par le chaos de l'oisiveté. » ▬ MARC GENDRON.
Merci cher gif de tumblr, grâce à toi, je vais éviter de faire THE erreur de ma vie, autrement connue sous la mention "couper ma chevelure de sirène". Après ce soulagement, je peux donc me concentrer sur ma prochaine lubie: peindre une de mes vestes en jean comme ça.
Moralité de l'histoire: Arrêtez de traîner sur tumblr, ou tumblr contrôlera votre vie. (rire satanique)
Autrement dit: lisez le titre de cet article et vous réussirez votre vie.
« Entre le sarcasme et l'ironie, il y a la même distance qu'entre un rot et un soupir. » ▬ HUGO PRATT, Corto Maltese.
Freddie Mercury & Roger Taylor.
Nous n'étions que les déchets de la conso-generation. En ce moment même, des gosses étaient certainement en train de crever dans les pays émergents, Kate Middleton devait compter ses paires de chaussures, la fin du monde approchait, Michael Jackson ne ressusciterait sans doute plus, les vieux avaient faim en Orient, la guerre sévissait sur vingt pour cent du globe, mais nous, égoïstes européens, on en avait strictement rien à foutre. Nous baignions dans le fruit de la croissance, produit des efforts de nos pères dans des usines de seconde zone. On buvait, on bouffait, on fumait, on baisait et on se grattait les couilles en public, sans aucun respect pour les clochards qui nous observaient derrière leurs longs cheveux gras. La fatalité nous emportait et nos maigres forces d'enfants perdus n'y pouvaient rien. De toute façon, nous n'étions bons à rien. Nés dans la mauvaise décennie, dans le mauvais siècle peut-être, nous allions nous contenter de reposer sur nos acquis toute notre vie. Je ne serais pas Gandhi, ni Kurt Cobain, encore moins Georges Sand ou la Vierge Marie. Personne ne se souviendra de moi dans cent ans. Personne ne commémorera le jour de ma mort en brandissant les romans que j'aurais écrit. Mes propres arrières petits-enfants ne connaîtrons pas mon prénom. La vérité, c'est que ça fait un peu chier quand même. Mais sérieusement, qu'est-ce qu'on en a à foutre ?
vendredi 3 février 2012
« Mourir.. Dormir, rien de plus... Et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair: c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. » ▬ SHAKESPEARE, Hamlet.
Nous nous berçons de rêves, croyant trouver la vérité dans un monde peuplé de leurres. Nous ne sommes que des gamins noyés dans l'illusion d'ailleurs. Ainsi, certains se refusent à elle tandis que d'autres s'y noient. Je n'ai pas encore choisi mon camp pour ma part. A quoi bon ? La noyade me donne la nausée, le refus n'est plus plausible désormais. L'attente m'est insoutenable et je ne sais même plus quelle en est la cause. Liberté ou désespoir ? La finalité peut paraître bien cruelle. La vie est bien trop sérieuse voyez-vous. Comme disait Wilde, elle est trop importante pour être prise sérieusement. Alors je cesse de penser et je souris. Je souris toujours plus jusqu'à en avoir des crampes, et je me moque amèrement des grandes tirades d'autrui. Tout n'est pas beau, et la naïveté des jeunes filles en fleur me pousse à l'orgueil. Serais-je donc la seule à me rendre compte de ce qu'il se passe. Vous êtes piégées, et cette peine douceâtre est en train de devenir mienne à mon grand dam. Mais qui suis-je pour faire ma grande moralisatrice ? Personne j'en suis consciente. Ainsi, je vous abandonne à vos plaisirs éphémères.
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